Chez nous, Manouches d’Alsace, la musique fait partie de la vie. Aux anniversaires on en joue, aux baptêmes aussi, et même aux enterrements… On écoute beaucoup de choses. Il y a toujours un « radio-cassettes » qui tourne… Le violon, la guitare et l’accordéon ont toujours été présents… Alors Django, il fait presque partie de la famille. En fait, c’était tellement habituel que je me ne suis rendu compte qu’assez tardivement qu’il s’agissait d’un génie absolu (et manouche, en plus !). J’ai longtemps écouté d’autres musiques telles que le rap en cherchant quelque chose qui me ferait « vibrer »… Puis Django est arrivé, comme une évidence. Mon frère Gigi m’a « mis » la guitare dans les mais et j’ai découvert la fabuleuse œuvre de ce compositeur si inspiré ! Sa musique est tellement riche qu’elle suffit à me « remplir »… et à vibrer avec lui en même temps que je fais vibrer les cordes de ma guitare.
Lorsque j’ai commencé ma carrière en tant que musicien professionnel, je me suis rendu compte de l’importance qu’avait Django dans le jazz en général et dans le monde entier… Et puis, chaque fois que j’ai posé le pied sur des terres lointaines telles que l'Ukraine, la Nouvelle-Calédonie, le Japon ou encore l'Australie, j'ai eu une pensée émue pour Django, et je sais, avec certitude, que c'est en grande partie à lui que je dois ma vie d’aujourd’hui…
En tout cas, j’ai conscience que le rapport que les Manouches entretiennent avec Django est unique dans l’histoire de la musique et que jouer sa musique est, quelque part, le remerciement pour tout ce qu’il nous apporté à nous, Manouches, mais aussi à nos frères « gadgés ».
Yorgui Loeffler
Je pense que dans toute l’histoire de la musique il existe peu d’exemples dans lesquels une seule personne révolutionne à la fois une musique (le jazz), un instrument ainsi que tous ses successeurs…
Il est encore moins probable que cette personne soit un virtuose inégalé cinquante ans après sa mort.
Aurélien Boully
Tarné Spilari
Django Reinhardt est pour moi un génie de musicalité et de créativité ! Sa musique est si simple à écouter, mais tellement dure à jouer… il était en avance sur tout et a apporté énormément à la musique, à la guitare !
C’est la musique de l’homme libre, de l’homme simple, qui nous raconte une histoire unique à travers chaque note, chaque accord… c’est tout simplement Django le poète !
On ne se lasse jamais de l’écouter et on découvre toujours de nouvelles choses, c’est magique, sa musique me fait toujours autant rêver !
Loïs Coeurdeuil
César Swing
Après le conservatoire, les gammes et le solfège, j’ai l’impression d’avoir commencé à faire enfin de la musique en découvrant Django. Quelle que soit la suite de mon parcours, j’aimerais partager mes derniers jours en compagnie de ses mélodies.
Les jazzmen américains puisent l’essence de leur art dans le blues. Django, malgré sa main brûlée, ses origines manouches et son tempérament imprévisible, me rappelle tous les jours que la passion est un moteur incroyable pour prendre en main son destin.
On parle beaucoup de Django, mais j’aimerais rendre hommage à Stéphane Grappelli. La musique naît souvent des rencontres et du partage. Le couple Django-Grappelli, combien d’entre nous auraient déjà arrêté la musique si ces deux là ne s’étaient jamais rencontrés ?
Gabriel Bonnin
Les Voleurs de Swing
« Je pense que nous sommes des centaines et des centaines à avoir vu notre vie bouleversée par ce génie, et chaque jour que Dieu fait, c’est à chaque note que nous rendons hommage humblement et à notre manière, en nous répétant sans cesse que ce type était extraordinaire.
Alors joyeux anniversaire pour tes 100 ans, Django !
Même s’il est là-haut, il restera le plus grand des génies de la guitare. Alors vive le swing et vive Django ! »
Sébastien Torregrosa
Guitariste rythmique de César Swing
Pour moi, Django, c’est un des rares génies guitaristes et musiciens du 20e siècle. Le jazz manouche est devenu une mode, presqu’un produit « marketing ».
Django est bien au-delà de ça. Il y a le jazz. C’est tout. Il suffit d’écouter les sessions de 1953 de Django avec Michelot, Viale et Vander pour s’en convaincre.
Django, c’est aussi l’image d’une époque que je n’ai pas connue, mais qui me fait encore rêver, Paris juste avant et juste après la guerre : les gangsters, Jo Privat, grosses voitures, vedettes, champagne, pas de JV.
Django, c’est aussi pour moi un esprit de famille, d’amis, les siens : musiciens, boxeurs, chanteurs. Babik, David et puis tous ceux qui ont joué sa musique, et ce bien avant qu’on en parle au journal de treize heures. Et ceux qui la jouent aujourd’hui avec du cœur et de la sincérité…
Je ne prétends pas jouer du jazz manouche, d’autres le font bien mieux que moi… J’espère simplement que la musique de Django m’a influencé. Dans tous les cas, merci Django.
Jean-Yves Dubanton
Enfant né du hasard
Au détour d’un destin
Tu étais saltimbanque
Tu jonglais sur les temps
Au rythme de ton âme
De musicien gitan
Ta guitare endiablée jongle bien avec le temps
Dimitri
Urs Karpatz