Compte-rendu de l'édition 2008 de Swing 41
par Amati
1 AURORE QUARTET
Grâce à la TSF le Jazz commence à inonder la planète, un jeune prodige manouche, un certain Jean-Baptiste Renard que ses cousins appellent Django Reinhardt apporte sa contribution à l'édifice en construction. Aurore Quartet nous immerge dans cette période en alternant les standards de Django et les hits américains de ces fabuleuses années 1930.
On a vu le marcassin se rouler dans la poussière à la vue des mimiques de l'élégant Siegfried MANDACE dans son numéro délirant de scat.
Les larmes de rire du marcassin ne sont pas encore sèches quand Aurore VOILQUE descend de la scène. Avec son archet magique elle vient chatouiller les oreilles de l'assemblée pour augmenter encore la dose d'émotions musicales.
Le marcassin pouffe encore des singeries de Siegfried !
2 ANGELO DEBARRE & LUDOVIC BEIER
Ils sont très fatigués. Ils arrivent de Moscou mais la perspective de rabouiner enfin pour la première fois sur les terres du marcassin de Swing 41 les a complètement ressuscités.
Sur la scène du grand chapiteau parfaitement éclairée et sonorisée, Angelo DEBARRE à la guitare , Ludovic BEIER à l'accordéon swing, les fidèles Tchavolo HASSAN guitare rythmique et Antonio LICUSATI contrebasse, vont délivrer un swing virtuose où cordes et lames se croisent pacifiquement.
Nouveau son de guitare inédit pour Angélo DEBARRE qui joue sur une étrange copie Selmer demi-caisse toute noire.
Avec beaucoup de finesse et d’élégance les standards de Django et les compositions originales du duo Angelo/Ludovic alternent pour le plus grand bonheur d'une salle hypnotisée par cette haute musicalité et une complicité aussi exemplaire.
Les musiciens le ressentent et Ludovic BEIER remercie le public pour cette assiduité inhabituelle, appréciée et ressentie sur scène.
La récompense de ce comportement studieux est un final exceptionnel où le quartet délivre un "Vamp" somptueux.
Ce titre de Django n'est pas toujours au programme du quartet.
"Vamp" nécessite une haute concentration pour en exprimer toute la quintessence, indique Ludovic.
Un émouvant et magnifique cadeau pour le marcassin.
3 SWING41
Les guitares de Remi SAUVET, Eric EICHWALD et Jacques MARIE, le violon d’Emmanuel OUALI et la contre basse de Nicolas SELINQUANT composent le groupe Blésois SWING41.
Rémi SAUVET étrenne sa nouvelle guitare jazz pour délivrer un Jazz de qualité saupoudré de ses compositions inspirées.
4 MADAMIRMA
La verdine de la voyante fait une escale à Salbris.
La voyante est partie aux confins de la forêt prédire un avenir brillant au marcassin. Profitant de son absence, une joyeuse bande d'hurluberlus investit sa roulotte.
Depuis le décor soigné et léché dans une ambiance rappelant la photographie du film « Le fabuleux destin Amélie Poulain » l'appel à guincher est entendu. Django n’est pas oublié et le swing tutoie la java.
Un beau prélude pour cette journée riche en émotions.
Le marcassin remarque que la contrebasse ne tient debout pas dans la minuscule roulotte et qu’il a fallu pratiquer une ouverture dans le toit pour laisser sortir la tête de la grand-mère !
5 GADJOLOGIE
Pourtant sans verdine et sans canasson, le trio nous emmène loin à l'Est de Salbris.
Le marcassin physionomiste reconnaît les trois musiciens présents à Salbris avec MUZNOUCH pour SWING41 2007 : Damien CORDELET à la guitare, Manuel DECOQ à l'accordéon et Hugues LETORT à la contrebasse.
Les compos originales du trio mettent en lumière les grandes qualités de guitariste de Damien CORDELET.
Manuel DECOQ fourni l'East Touch avec son vieux Léon émouvant sur la solide rythmique de Hugues LETORT.
Le marcassin prend son sabot et en redemande.
6 COLLECTIF MANOUCHE
Formation Normande à géométrie variable de souche Djangophile, le Collectif MANOUCHE de CAEN présente quinze de ses membres sur la scène du chapiteau extérieur.
Parmi les quinze on retrouve avec bonheur le trio GADJOLOGIE.
Deux contrebasses accompagnent les cuivres et les cordes pour livrer un Swing festif inédit.
Le marcassin apprécie les unissons puissants et l’impressionnante dynamique contagieuse et dopante du joyeux big band swing Manouche. Les séances hebdomadaires de travail du collectif sont récompensées par les salves d’applaudissements nourris. Les standards de Django, les compositions de Romane, des standards Tzigane sont au menu du Collectif.
Le marcassin jubile au rythme des deux contrebasses.
7 STEEVE LAFFONT
Le marcassin savait qu'il existait très loin au sud de son territoire un guitariste Djangophile exceptionnel.
Trépignant du sabot le marcassin futé a décidé de l'inviter cette année.
Steeve LAFFONT a répondu à l'invitation et a choisi d’être suppléé aux guitares rythmiques par ses amis Chriss CAMPION (de BRUTAL SWING, venu à SWING41 2007) et Rudy RABUFETTI.
Le marcassin pique encore une crise de rigolomanie quand le contrebassiste Serge OUSTIAKINE entonne « What a wonderful world » en imitant à la perfection maître ARMSTRONG.
La jeune violoniste Fiona MONBET au toucher délicat fournit l'ambiance HOT CLUB DE FRANCE à la magnifique formation. Le Swing Tchavolesque et efficace de Steeve LAFFONT et un SPAIN inoubliable émeuvent le marcassin et ses amis qui réservent un triomphe au quintet.
8 ALBERT MAGISTER
Quel meilleur décor autre que le grand chapiteau pouvait accueillir Albert MAGISTER et son insolite troupe ?
Cymbalum, accordéon, batterie et jambon rabouin, le MAGISTER ROCK CIRCUS est dans son élément.
Sur une musique indécise entre rock et swing manouche Albert MAGISTER ne mâche pas ses mots et envoie une énorme énergie festive.
Les interventions au cymbalum de Mihail TRESTIAN adoucissent la belle voie rocailleuse et chaude d’Albert MAGISTER.
L’accordéon survolté de Willy ROUGER donne la touche tricolore au circus déjanté.
La rock and roll attitude est fournie par le batteur Jean « Popof » CHEVALIER et la basse de Simon MARY.
Albert MAGISTER guide le marcassin dans son monde imaginaire et farfelu sur fond de misère sociale et d’espoir de jours meilleurs.
Vidée la troupe termine en sueur sous les hourras du public salbrisien.
Albert et le marcassin rêvent déjà d’une bonne douche rafraîchissante bien méritée pour continuer la fête.
9 CHINOIS TRIO
Le marcassin n’avait pas résisté au plaisir d’aller les écouter au festival de Jazz de Versailles dernièrement.
Il est très fier aujourd’hui de présenter CHINOIS, Djanito FELIX et le contrebassiste Jean-François Morel à ses amis de Salbris, et de retrouver l’ambiance survoltée du concert versaillais.
La singularité du trio est de permettre aux deux guitaristes prodiges d’échanger leur rôle de soliste et d’accompagnateur. La complicité est indéniable. Ces deux-là sont nés pour jouer ensemble. Les tempi sont souvent rapides et formidablement négociés.
L’énergie et la fougue de Chinois complète la délicatesse et la maturité du jeu de Djanito FELIX.
Django est au cœur du discours musical du jeune trio mais on a aussi vu le marcassin se bidonner à l’écoute de l’Été Indien de Jo DASSIN revisité à la sauce rabouine par CHINOIS.
Durant son festival le marcassin aura le bonheur de retrouver les deux cousins de swing en train de prolonger l’aubade sous les tentes de tous les luthiers présents, à la grande joie des festivaliers.
10 TRIO ROSENBERG
Le légendaire TRIO ROSENBERG échappé de ses terres hollandaises honore le marcassin en venant festoyer à SALBRIS et constitue le clou de l’édition 2008.
Stochelo ROSENBERG, ami de longue date du marcassin ne cache pas son plaisir d’être de la fête ce soir.
Sous le grand chapiteau plein à craquer l’impérial et mythique trio offre un concert inoubliable.
La jovialité de Stochelo contraste avec le rictus concentré de Nonnie ROSENBERG à la contrebasse et de Nouche ROSENBERG rivé sur son authentique Selmer.
Les hits de Django et de Stochelo s’entrecroisent.
Le marcassin est hautement impressionné par la symbiose parfaite du trio.
Une cohérence inouïe qui donne l’impression de n’entendre qu’un seul musicien.
Les mouvements des bras semblent surhumains en regard de l’amplitude, la régularité et la vitesse.
Il émane une sérénité et une harmonie qui va tétaniser le marcassin pendant toute l’aubade.
L’imperturbabilité du trio est démontrée lors d’une coupure de courant, conséquence fâcheuse du déluge qui sévit à l’extérieur. Sans stress audible, le trio continue en acoustique sans sono dans l’obscurité totale. Le marcassin regrette même le retour du courant tellement il est ému par ce moment de pureté absolue.
Cette partie acoustique pure restera gravée dans sa mémoire d’éléphant.
La perfection n’appelle pas la prétention, et Stochelo appelle généreusement tous ses cousins de swing à rejoindre le trio sur scène pour un final mémorable dont le marcassin raffole.
Djanito FELIX, CHINOIS , Chriss CAMPION, Steeve LAFFONT et Rudy RABUFETTI investissent la scène.
Ils ne sont pas prêts d’oublier cet instant merveilleux qui marquera leur jeune carrière.
Un Minor Swing divin ouvre le bal. Stochelo ROSENBERG est ravi et donne la parole à tous ses nouveaux coéquipiers.
Une deuxième coupure de courant procure de nouveau le grand frisson acoustique pur dans les ténèbres du grand chapiteau.
Le marcassin pleure de bonheur : il n’en attendait pas temps de la part du mythique trio.
Il applaudit longuement à se rompre les sabots pour un dernier rappel.
11 LE BALLUCHE DE LA SAUGRENUE
La roulotte de MADAMIRMA est de nouveau mise à contribution pour faire guincher les festivaliers.
La voyante est remplacée par la SAUGRENUE dont le répertoire pioche dans les années 30-40 ou Valse Swing, Paso Jazz et Java.
Les couples se forment et le Balluche bat son plein sous les étoiles salbrisiennes.
Le marcassin n’a pas envie de rejoindre sa forêt et prolonge la fête jusqu’à l’épuisement.
12 CHOUKAR SWING
Pascal ROUMY, Eric PREAU et Patrick PEILLON, les trois guitaristes de CHOUKAR SWING, ont tous la même tête. Enfin la même tête de guitare nous rassure Patrick PEILLON !
Sous l'oreille attentive de l’heureux papa de leurs splendides jambons, Jean Marc PERRIN, luthier de son état, les CHOUKAR SWING offrent au marcassin une prestation placée sous le signe de la finesse et de l'émotion.
Jean Marc PERRIN est un fidèle du marcassin et cette année encore il présente ses dernières superproductions sur son stand.
Jeff TRONELLE le contrebassiste se paie le luxe de photographier le marcassin et ses amis venus découvrir les CHOUKAR.
Jeff nous dira si le marcassin est sur la photo !
Les savants standards de Django sont subtilement interprétés parmi les standards de Jazz de son époque.
Le charme et la voix d’or de la chanteuse Anne RATSIMBA ajoutent la touche d'originalité du quintet.
Un Night and Day fondant à souhait fait couler quelques larmes de crocodile sur le groin du marcassin.
13 MARC LAFERRIERE & PATRICK SAUSSOIS
À l’issue d’un set New Orleans, Jazz avec tambour et trompette comme l’aurait qualifié Django, le little big band de Marc LAFERRIERE invite le guitariste Patrick SAUSSOIS ami du marcassin et habitué de Salbris.
La partie basse est assurée par Olivier LAFERRIERE au sousbassophone.
Marc LAFERRIERE, 2000 concerts et 1500 galas au compteur, est également accompagné à la guitare par son fiston Stan LAFERRIERE.
La complicité père fils est touchante et l’énergie du papa septuagénaire est étonnante.
Fidèle compagnon de route, Michel « Boss » QUERAUD assure le chorus à la trompette ou à la clarinette.
Les interventions humoristiques de Marc LAFFERRIERE entre les joviaux standards américains déclenchent l’hilarité du public sénior quand il se lance dans un numéro d’imitation préhistorique du général Charles De Gaulle.
On aura droit aussi à une savante imitation de Michel SERRAULT dans la Cage aux folles. Le marcassin verse une petite larme nostalgique.
Patrick SAUSSOIS rejoint le little big band qui lui laisse généreusement une large espace musical.
Le jeu aéré et singulier de Patrick SAUSSOIS donne une touche de légèreté complémentaire avec le premier set harmoniquement plus dense.
Un Nuages majestueux savamment dissipé par Patrick SAUSSOIS établit la liaison entre Django et les musiciens du band.
Patrick SAUSSOIS ne cache pas sa joie de jouer avec Marc LAFERRIERE et il ne manque d’indiquer en fin de prestation que Marc LAFERRIERE, devenu son ami, est le premier jazzman à lui avoir ouvert les portes du Caveau de la Huchette.
Un beau concert sur fond d’amitié et de respect mutuels.
Le marcassin aime bien les belles histoires d’amitiés fidèles.
14 DANIEL GIVONE
Le marcassin invite le trop rare et discret Daniel GIVONE.
Armé de son antique Selmer il est accompagné au cymbalum par le Moldave Mihail Trestian, fidèle compagnon du MAGISTER CIRCUS.
Sur des harmonies subtiles et savantes, Daniel GIVONE nous éloigne de Salbris dans un long voyage des plaines de l’est au sud de l’Espagne.
Anthony MUCCIO assure la partie guitare rythmique. Antonio LICUSATI pilier du quartet Angelo DEBARRE/Ludovic BEIER reprend du service à la contrebasse.
Le marcassin kiffe grave pour une nouvelle version swing Givonisée de Jolie Môme.
En fin de set, Daniel appelle en exclusivité Patrick SAUSSOIS à venir bœuffer avec lui et ses amis.
Un Just for Babik endiablé ouvre le bœuf.
Ce moment jubilatoire est émouvant car la fin de l’édition 2008 est imminente.
Le temps des adieux des festivaliers est arrivé avec la promesse de se retrouver l’an prochain pour de nouvelles émotions salbrisiennes. |